La gestion du temps : reprendre le contrôle de son agenda
Un manager regardant son agenda en fin de journée se pose souvent la même question : où est passé mon temps ? Entre les réunions non planifiées, les sollicitations en cascade et les urgences qui s’accumulent, l’agenda devient un espace subi plutôt que piloté. C’est le constat de départ de Christophe Gard, expert en management chez SAM, qui propose dans ce podcast une approche radicalement différente : traiter la gestion du temps non pas comme une technique organisationnelle, mais comme un levier de leadership pur.
L’enjeu est de désapprendre les vieux réflexes — répondre à tout, tout de suite, tout faire soi-même — pour remettre l’essentiel au cœur de l’important. Et cela commence par un diagnostic lucide de la façon dont un manager répartit réellement son énergie.
Les 3 rôles du manager : un outil de diagnostic puissant
Axe 1
Le Leader
Axe 02
L'expert
Axe 3
Le capitaine
Le problème structurel que pointe Christophe est simple : l’axe Leader — celui qui donne du sens à l’action collective — est systématiquement sacrifié sur l’autel de l’opérationnel. Or sanctuariser du temps de leadership dans son agenda n’est pas un luxe. C’est une condition de la performance durable.
“L'indicateur numéro 1, c'est d'identifier dans l'agenda si l'axe Leader, celui qui donne du sens, a sa place. Souvent, on gère les urgences mais on ne sanctuarise pas le leadership.”
La neurologie du stress : la règle 10-3-2-1
La gestion du temps ne peut pas être dissociée de la gestion de l’énergie. Christophe Gard l’aborde sous un angle biologique : notre capacité à prendre des décisions, à maintenir une pensée stratégique, dépend directement de la qualité de notre récupération. Il propose une règle d’hygiène rigoureuse, applicable dès aujourd’hui.
La règle 10-3-2-1 : préparer sa lucidité
L’idée centrale est que la performance du lendemain se prépare la veille. Un manager qui dort mal prendra des décisions dégradées, subira davantage son agenda et aura moins de ressources pour incarner son rôle de Leader. La gestion du temps commence donc, paradoxalement, par la gestion du sommeil.
Assertivité : dire non sans perdre en légitimité
L’un des points les plus concrets de l’épisode concerne l’art de refuser une sollicitation. Dans la culture managériale française, dire « je n’ai pas le temps » est souvent perçu comme un manque de disponibilité, voire comme un désengagement. Christophe Gard retourne cette logique.
Formuler le refus comme une protection collective
Dire « je n’ai pas le temps » n’est pas un refus de l’autre : c’est une affirmation de ses priorités stratégiques. Pour que ce refus soit reçu positivement, il doit être accompagné d’une explication claire sur ce qui est protégé. « Je ne peux pas traiter ce sujet maintenant parce que je travaille sur X, qui est prioritaire pour notre objectif commun Y. » Cette formulation transforme un refus personnel en arbitrage collectif.
Exiger de la clarté comme condition préalable
Christophe pose un principe fort : ce qui est flou avant est flou après. Avant d’accepter une réunion, une tâche ou une délégation ascendante, un manager doit exiger de la clarté sur l’objectif, le niveau d’urgence et le résultat attendu. Cette discipline de clarification en amont réduit considérablement le bruit dans l’agenda et améliore la qualité des arbitrages.
L’Intelligence Artificielle : un levier de temps stratégique
L’épisode aborde enfin la place de l’IA dans la gestion du temps des managers. Christophe Gard ne la présente pas comme une tendance technologique abstraite, mais comme un outil concret de réallocation de l’énergie. En déléguant à l’IA les tâches à faible valeur ajoutée — rédaction de comptes rendus, recherche d’informations, mise en forme de documents — le manager libère du temps pour ses fonctions à haute valeur : écoute, décision, vision, relation.
Le parallèle avec le modèle des trois rôles est direct : l’IA prend en charge une partie de l’Axe Expert pour que le manager puisse pleinement habiter son Axe Leader. Ce n’est pas une question de gadget. C’est une question de recentrage sur ce que l’humain fait mieux que la machine : créer du sens, inspirer la confiance, décider dans l’incertitude.
Chiffres clés : ce que les données disent du temps des managers
67%
des managers
28
heures
2
fois plus
30%
de gain
La méthode SAM pour ancrer les changements dans la durée
Comprendre les principes est une chose. Les inscrire dans ses réflexes quotidiens en est une autre. C’est précisément là qu’intervient l’accompagnement SAM, structuré en trois temps progressifs pour transformer la prise de conscience en changement durable.
Le SCAN Managérial : partir du réel
Avant tout déploiement, SAM réalise un diagnostic structuré — le SCAN Managérial — qui objective l’écart entre la façon dont le manager utilise réellement son temps et ses ambitions de leadership. Ce n’est pas une auto-évaluation subjective : c’est une analyse croisée d’entretiens, de tests de positionnement et d’indicateurs terrain. Le résultat : un rapport de préconisations qui sert de point de départ partagé entre le manager et son organisation.
La Masterclass de 2 heures : déclencher la prise de conscience
Dans un format court et intense, les participants découvrent les trois rôles du manager, expérimentent l’analyse de leur agenda et repartent avec leurs premiers outils d’arbitrage. L’objectif n’est pas de tout changer en deux heures, mais de créer la lucidité nécessaire pour vouloir changer.
La formation immersive : ancrer les réflexes
Sur deux jours en présentiel, les managers travaillent sur leurs situations réelles. Ils expérimentent les techniques de sanctuarisation de l’agenda, s’entraînent à formuler des refus assertifs et construisent leur plan d’action personnel. Le tout dans une dynamique de partage entre pairs qui renforce l’ancrage et crée une communauté de pratique durable.
👉 Découvrir la formation Manager sous pression (2 jours)